Vendredi 2 avril 2010
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/2010
19:29
Ecrit et réalisé par Quentin Tarantino
Avec : Uma Thurman, Lucy Liu
2003
Le cinéma dans un mixer
Une vaste palette de couleurs au service d’un
chef d’œuvre
Avec Kill Bill vol 1, Quentin Tarantino signe son quatrième film. Le rôle
principal est tenu par Uma Thurman (Pulp Fiction), une de ses « habitués ».
Dans une chapelle du Texas se déroule une cérémonie de
mariage. Soudain, un groupe d’assassins fait irruption et massacre les mariés et les invités. Laissée pour morte, la Mariée, qui était enceinte, est plongée dans un coma qui durera quatre ans. A
son réveil, elle jure de se venger en tuant les cinq membres du Détachement International des Vipères Assassines, dont leur chef, le redoutable Bill.
Dès le
générique, les acteurs principaux sont associés à leurs personnages respectifs. Cela permet au spectateur de les identifier plus facilement par la suite, car le montage ne traite pas le temps de
façon linéaire.
Largement inspiré de La Mariée était en noir de Truffaut, le film permet à son créateur d’imposer un style qui lui est propre. En effet, le
réalisateur de Reservoir Dogs fait ici un mélange, constitué de genres qui l’ont inspiré. Ainsi, Kill Bill est une œuvre réalisée par un cinéphile, pour des cinéphiles. Ce
projet peut sembler au départ ambitieux. Mais l’agencement intelligent que propose Tarantino rend compte de son talent.
Le film
est divisé en chapitres, chacun traité comme un genre à part. Nous voyons ainsi défiler des séquences inspirées de western spaghetti, de films d’arts martiaux et de samouraïs, ou encore d’anime
japonais…
Comme
dans la majorité des films d’action, le déroulement de l’intrigue aboutit au combat final. Celui-ci met en scène la mariée cherchant à tuer O-Ren Ishii (une des assassines). Pour cela, elle doit
passer par les « Crazy 88 », l’armée personnelle de la reine des bandits de Tokyo. On ne peut que remarquer à quel point les combats sont bien chorégraphiés et filmés. Le génie du
cinéaste se retrouve dans sa façon de capturer les images. Rien n’est laissé au hasard, tout est dirigé avec brio : de la façon de cadrer, au traitement des couleurs, en passant par l’utilisation
de la lumière, l’ultime bataille est un vrai régal pour nos yeux. Le spectateur est témoin d’une vengeance meurtrière dans un paysage nippon aux décors oniriques. Ces derniers viennent apaiser la violence brutale de la scène, et donnent l’impression de se trouver dans un tableau en mouvement. L’endroit où O-Ren
sera tuée est un jardin qui semble coupé de la ville. C’est un lieu paisible, de méditation où les deux femmes vont savoir se pardonner pour les actions qu‘elles ont commises dans le passé. Mais,
la vengeance est un plat qui se mange froid. O-Ren est la première des Vipères Assassines à se voir infliger le courroux de la Mariée.
Du
début à la fin, l’intrigue est orchestrée de manière à garder le spectateur en haleine. Et la dernière séquence nous apprend que l’enfant que portait la Mariée est en vie. Le réalisateur
distribue l’information avec justesse, ce qui donne un côté de mystère, sans pour autant perdre le public. La fin de ce premier volet ne laisse pas le spectateur sur sa faim. Mais on attend tout
de même la suite avec impatience.
Quentin
Tarantino réinvestit toute sa culture cinématographique dans ce film en utilisant brillamment toute une palette d’influences, faisant de Kill Bill un chef d’œuvre du cinéma post
moderne.