Vendredi 9 avril 2010
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06:00
(Alice au pays des Merveilles)
Réalisé par Tim Burton
Ecrit par Linda Woolverton, adapté du roman de Lewis Carroll
Avec : Mia Wasikowska, Johnny Depp, Helena Bonham Carter, Anne Hathaway
2010
BURTON AU PAYS D’HOLLYWOOD
Treize ans après sa première aventure au pays des Merveilles, Alice, à présent une jeune femme, retourne dans ce
monde imaginaire dont le seul souvenir qui lui en reste est le rêve récurrent qu’elle en fait depuis son enfance.
S’ouvrant par un générique on ne peut plus burtonien (les toits londoniens de nuit sur fond de musique macabre),
le film s’essouffle au bout des quelques premières minutes à cause du début qui se met en place lentement afin de ne pas perdre le spectateur. Alice est menée à la campagne où elle sera demandée
en mariage par le fils d’un riche entrepreneur. Lorsque le fiancé fait sa demande, Alice s’enfuit sur les traces du lapin blanc et ne tarde pas à tomber dans le terrier. Là, elle repassera par
les mêmes épreuves et rencontrera les mêmes personnages. La seule différence est que la Reine Rouge a pris le pouvoir et règne d’une main de fer en semant la terreur. Les créatures comme le lapin
blanc, la chenille ou encore le Chapelier Fou attendent le retour d’Alice qui a pour destinée de combattre le monstre de la Reine Rouge pour la détrôner et ainsi rendre la couronne à la Reine
Blanche.
C’est ainsi que Tim Burton mêle des éléments des deux œuvres de Lewis Carroll (Les Aventures d’Alice au pays des merveilles et De l’autre côté du miroir) avec des apports personnels. Le fait
de vieillir le personnage d’Alice la rend plus consistante. Ce qu’elle vivra dans le monde parallèle lui permettra de faire les bons choix face aux événements auxquels elle sera inévitablement
confrontée à son retour. Mais les libertés que prend le cinéaste ne sont pas toujours très cohérentes avec l’esprit de l’œuvre originale. Ainsi, Alice doit tuer le Jabberwocky, un dragon qui appartient à la Reine Rouge et avec lequel elle maintient son règne tyrannique. Le réalisateur
a utilisé des effets spéciaux jusqu’à en abuser et l’utilisation de la 3D n’apporte rien au film.
Depuis Charlie and the chocolate factory (2005) et avec Sweeney Todd (2008), Tim Burton quitte peu à peu son univers marginal d’Edward Scissorhands (1990) et autre
Ed Wood (1994) pour se plonger pleinement dans l’industrie cinématographique hollywoodienne. C’est ainsi que Alice in Wonderland met en scène le combat entre le Bien et le Mal, duquel seul le Bien peut sortir vainqueur. Et lorsque cette victoire retentie le Chapelier
Fou (Johnny Depp) ne néglige pas de nous faire une petite danse sur une musique électro. Et en parlant de musique, n’oublions pas de souligner que le générique de fin a été composé et interprété
par Avril Lavigne. Tous ces éléments rendent ce nouvel univers burtonien assez indigeste pour les spectateurs de ses débuts, mais séduiront sans nul doute les plus jeunes
générations.
Concernant les acteurs, le cinéaste fait à nouveau appel à ses habitués, à savoir Johnny Depp en Chapelier Fou
(7e collaboration) et sa compagne Helena Bonham Carter sous les traits de la Reine Rouge (6e collaboration). Nous découvrons Mia Wasikowska, jeune inconnue au futur
prometteur, dans le rôle d’Alice et Anne Hathaway dans le rôle de la Reine Blanche. Nous pouvons saluer les interprétations des trois actrices. La jeune Mia joue avec justesse et retenue et quant
aux deux reines, nous ne pouvons qu’applaudir les rôles déjantés auxquels elles ont donné vie à l’écran. Et nous pouvons remercier Tim Burton pour son choix de casting qui est un beau mélange de
la culture cinématographique et télévisuelle anglaise (Alan Rickman, Timothy Spall, Frances de la Tour, Matt Lucas, Barbara Windsor…).
Dans l’ensemble, le film est bon en
tant que blockbuster à voir pour le plaisir, mais reste un peu décevant en tant que film de Tim Burton.